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RENDEZ VOUS A 14H00 MARDI 12 OCTOBRE 2010 DEVANT LA PREFECTURE D'ANNECY
affiche carrefour
 Jean-Claude Mailly : "L'unité syndicale tiendra contre la réforme des retraites"

 

LE GOUVERNEMENT ESPÈRE CONTRECARRER LA MOBILISATION PAR DES «MESURETTES»
Pour FO, les dispositions annoncées pour les mères de 3 enfants ou les parents d'enfants handicapés ne changent pas le contenu d’un texte «injuste et insupportable», dont elle continue de demander le retrait pour une autre réforme.
Face à mobilisation et à la détermination syndicales, le gouvernement espère toujours désamorcer les hostilités en misant sur des aménagements à la marge de son projet de loi actuellement en discussion au Sénat. C’est dans cet esprit qu’il a déposé jeudi matin deux amendements en faveur de certaines mères de trois enfants et de certains parents d'enfants handicapés.

Le premier permettrait aux mères de trois enfants et plus – nées entre 1951 et 1955 – de continuer à bénéficier d'une retraite sans décote à 65 ans. Au total «130.000 femmes» seraient concernées. La mesure devrait bénéficier, sans distinctions de sexe, à «tous les parents» de trois enfants à la carrière interrompue «au moins un an» par ces naissances, a tenu à préciser par la suite l'Elysée. Le second amendement garantirait également ce droit aux parents d'enfants «lourdement» handicapés.

«Ce ne sont pas quelques mesurettes temporaires qui transformeront le contenu d’un projet de loi injuste et insupportable», a réagi Bernard Devy (FO). Pour lui, «cela ne change rien sur le fond et l’exigence de retrait de la réforme, dont la composante essentielle est le report de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans et le relèvement de l'âge d'annulation de la décote de 65 à 67 ans en pour tous les salariés».

Dans la foulée de la communication gouvernementale, on apprenait que la commission des Affaires sociales du Sénat avait demandé l'examen en priorité par les sénateurs des deux articles traitant précisément du repoussement des bornes d’âge de départ à la retraite. Histoire sans doute de hâter l’adoption des dispositions les plus contestées avec l’espoir de contrecarrer la dynamique enclenchée vers le 12 octobre, date de la prochaine journée nationale de grèves et de manifestations à laquelle appelle l’ensemble des organisations syndicales.

Après le succès de la mobilisation du 2 octobre qui a vu défiler autour de trois millions de personnes (soit autant que le 23 septembre), le mouvement de rejet de la réforme des retraites pourrait bien prendre une toute autre ampleur dans les jours qui viennent. Des appels à reconduire les grèves au-delà du 12 octobre commencent en effet à fleurir dans un certain nombre de secteurs et/ou entreprises (transports, Chimie, Energie, audiovisuel public, La Poste France Télécom…). Les salariés semblent ainsi partager de plus en plus la conviction que leur mobilisation doit maintenant monter d’un cran pour faire reculer enfin les pouvoirs publics sur le cœur de la réforme.

l’occasion de la réunion entre syndicats du 4 octobre, FO a proposé une nouvelle fois aux autres organisations un appel unitaire à 24 heures de grève, public et privé, pour renforcer la mobilisation engagée pour combattre le projet gouvernemental sur les retraites.

FO, comme ce fut le cas les 7 et 23 septembre, ainsi que le 2 octobre, sera pleinement dans l’unité d’action le 12 octobre pour obtenir l’abandon du texte et avoir une autre réponse.

 

MAINTENANT, QUELLES SUITES?

Au-delà des déclarations gouvernementales qui veulent toujours afficher une décrue de la mobilisation, les manifestations du 2 octobre ont vu défiler sur l’ensemble du territoire autour de 3 millions de personnes. Ce qui signifie que l’on se situe dans les mêmes eaux que le 23 septembre, c’est-à-dire à des niveaux parmi les plus élevés, comme ce fut le cas en mars 2009, en 2006 ou en 2003.

S’agissant d’un samedi, les manifestants aussi étaient différents: plus de personnes venues parfois avec leurs enfants.

On notera d’ailleurs avec un sourire la dialectique du secrétaire d’État à la fonction publique: les manifestants du 23 septembre ne sont pas venus le 2 octobre parce que le gouvernement les a convaincus; il faut donc maintenant convaincre ceux qui sont venus le samedi! Il fallait le trouver!

À noter également qu’à l’appel de leurs organisations étudiantes et lycéennes, les jeunes étaient présents et indiquaient qu’ils seraient encore plus nombreux le 12 octobre.

Pour autant, le samedi soir, le ministre ne bougeait toujours pas sur les points durs du projet gouvernemental (60 à 62 ans, 65 à 67 ans et la pénibilité). Quelques avancées ont lieu au Sénat (travailleurs handicapés, salariés victimes de l’amiante, chômeurs âgés), souvent à notre initiative. Pour autant, même si ce qui est pris n’est plus à prendre, nous voulons une autre réforme des retraites, nous avons fait des propositions et exigeons donc le retrait du projet actuel, car c’est toute sa logique qu’il faut remettre en cause.

Maintenant, quelles suites?

Ce dont nous sommes convaincus c’est que les pouvoirs publics ne reculeront que si le rapport de force est suffisant, c’est ce qui peut les inquiéter en quelque sorte.

On peut retourner la situation dans tous les sens, mais l’expérience nous conduit à dire que deux modalités peuvent être efficaces:

- Des manifestations importantes et croissantes, ce qui suppose notamment, comme en 2006, la présence des jeunes. Ce n’est pas à nous de les appeler, ce sont d’ailleurs leurs organisations qui le font. Et rien ne dit, a priori, qu’ils seront nombreux.

Et nous n’avons pas de leçon à recevoir de ceux qui ont créé une organisation étudiante (la Confédération étudiante). Nous travaillons, nous, avec celles qui existent et que se sont choisies les jeunes, lycéens ou étudiants. Nous avons aussi, par exemple, des relations anciennes et dans l’indépendance réciproque avec le syndicat lycéen FIDL.

- Si les manifestations ne suffisent pas, alors la responsabilité des confédérations est de lancer un appel unitaire (pour que ce soit efficace) à vingt-quatre heures de grève interprofessionnelle. Si au soir de cette journée, on a le sentiment que pendant vingt-quatre heures le pays a été quelque peu bloqué, la donne est aussi différente pour le gouvernement. S’il ne répond pas, alors il appartient aux salariés, avec leurs syndicats dans l’unité d’action, de décider de poursuivre ou non le mouvement.

C’est ce que nous réaffirmerons dans les réunions entre syndicats.

Nous maintiendrons notre ligne de conduite, tant sur nos revendications que sur nos propositions de modalités d’action, tout en poursuivant l’action commune qui demeure toujours un espoir pour les salariés.

Déterminés et pragmatiques, telle sera encore notre ligne de conduite.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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