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Le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri.

Jean-Charles Naouri, le PDG du distributeur stéphanois, doit rencontrer ce lundi le président de la Banque nationale brésilienne de développement pour faire part de son opposition au projet de partenariat entre son rival Carrefour et CBD Pao de Açucar.

La bataille entre Casino et Carrefour pour le contrôle de la distribution au Brésil s'exacerbe. Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, doit rencontrer ce lundi Luciano Coutinho, le président de la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES). A cette occasion, il devrait faire part de son opposition au projet de partenariat stratégique entre son rival Carrefour et CBD Pao de Açucar, le leader de la distribution au Brésil. Cette rencontre intervient alors que ce lundi matin, le conseil d'administration de Carrefour a donné son feu vert au partenariat, qui, s'il se concrétise, lui permettrait de prendre la main sur la distribution au Brésil, par le biais d'une coentreprise à compter du 1er janvier 2013.

Dans un communiqué, le géant français estime pouvoir en retirer des synergies «à hauteur de 600 millions d'euros, voire 800 millions d'euros», en année pleine. Au total, le groupe qui naîtrait de cette alliance pèserait 30 milliards d'euros de chiffres d'affaires pour 2011. Avec cette opération, «Carrefour augmenterait significativement son exposition aux marchés de croissance, qui représenteraient plus de 40% de ses ventes consolidées à horizon 2013», précise le groupe.

Une opération jugée «hostile» et «illégale»

Mais Casino, -qui juge de nouveau l'opération «hostile, et menée dans le cadre de négociations illégales» dans un communiqué ce lundi- n'entend pas se laisser marcher sur les pieds. Le groupe veut ainsi s'attirer les faveurs de la BNDES, dont l'aval est indispensable pour que les ambitions de Carrefour se concrétisent. Or, le président de l'institution brésilienne, Luciano Coutinho, a assuré qu'il n'apporterait pas les 2,4 milliards de dollars prévus «sans accord entre Pao de Açucar et Casino».

Nouvelle preuve de la détermination de Casino: la semaine dernière, le groupe s'est renforcé de 6,2 points au capital de CBD, pour en détenir désormais 43,1%. Le distributeur craint une défection de son partenaire brésilien Albilio Diniz, qui détient 21% de Pao de Açucar. Et pour cause: ce vendredi, celui-ci a estimé que c'est «grâce à l'attention constante apportée aux opportunités de fusions et d'acquisitions» que CBD s'est hissé au sommet de la distribution au Brésil. Avant d'affirmer son droit à discuter avec un tiers, qualifiant la contre-attaque de Casino de «charge infondée». De plus, Casino a annoncé ce lundi le lancement devant la Chambre de commerce internationale d'une seconde procédure d'arbitrage à l'encontre de Diniz, sollicitant le respect du pacte d'acionnaire de 2006 après la proposition de coentreprise entre CBD et Carrefour.

Côté marchés, le distributeur stéphanois gagne 1,16% en fin matinée, à plus de 66,3 euros. Pour sa part, le titre Carrefour baisse de 0,96%, à 27,9 euros, alors que l'indice du CAC 40 perd 0,15%.

 

Carrefour: le conseil valide le projet

Dans un communiqué publié ce lundi matin, le conseil d'administration de Carrefour s'est prononcé en faveur du projet de partenariat stratégique avec CBD Pao de Açucar, le numéro leader de la distribution au Brésil.

Ce projet passerait par la création d'une coentreprise "détenue à parité avec consolidation globale par Carrefour à compter du 1er janvier 2013". Le groupe estime pouvoir retirer des synergies à hauteur de 600 millions d'euros, voire 800 millions d'euros, en année pleine. Le groupe qui naîtrait de cette alliance pèserait 30 milliards d'euros de chiffres d'affaires pour 2011. "En cas de réalisation de l’opération, Carrefour augmenterait significativement son exposition aux marchés de croissance, qui représenteraient plus de 40% de ses ventes consolidées à horizon 2013", précise le groupe.

Rien n'est fait cependant. En effet,  "la décision du conseil d’administration de Carrefour est conditionnée à l’approbation par CBD de la proposition reçue de Gama et à l’approbation finale du conseil d’administration de BNDES et de son engagement" sur le financement de l'opération, précise Carrefour. Or, la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES) souhaite désormais obtenir un consensus autour de ce projet. Le président de l'institution brésilienne, Luciano Coutinho, a ainsi assuré qu'il n'apporterait pas les 2,4 milliards de dollars prévus "sans accord entre Pao de Açucar et Casino".

Et il est désormais connu que ce projet rencontre la franche hostilité de Casino, qui est à la fois le concurrent de Carrefour et l'un des grands actionnaires de CBD. Après s'être renforcé de 6,2 points au capital de CBD la semaine dernière, pour en détenir désormais 43,1%, Casino va poursuivre ses démarches activistes pour faire obstacle au projet de Carrefour. Selon le site internet du magazine Exame, Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, devrait expliquer sa position à Luciano Coutinho lors d'une rencontre ce lundi, au Brésil.

Brésil : Carrefour n'a pas assez informé

Deminor reproche au PDG de Carrefour de ne pas avoir suffisamment informé le marché au sujet de discussions visant à fusionner sa filiale brésilienne avec celle de son rival Casino, a indiqué le cabinet de conseil aux actionnaires dans une lettre ouverte obtenue mardi par Reuters.

Il estime notamment que la direction de Carrefour aurait dû mieux informer les actionnaires de l'avancement des discussions lors de l'assemblée générale du 21 juin dernier. 

"Compte tenu de la complexité de l'opération et du nombre de parties concernées, il serait illusoire d'essayer de faire croire aux actionnaires minoritaires de Carrefour que les discussions n'étaient pas 'très avancées' à la date du 21 juin", indique Deminor.

Dans ce courrier, dont une copie a été envoyée à l'Autorité des marchés financiers (AMF), Deminor indique également qu'une telle opération nécessiterait l'aval d'une assemblée générale de Carrefour. 

Pourquoi la chute en Bourse de Carrefour n'est pas grave

Le titre perd 13% à ce matin, pour des raisons techniques: le détachement du dividende et la scission de Dia, qui cotera à Madrid à la mi-journée. Cette baisse s'avère donc indolore pour les actionnaires.

Pas de panique! A l'ouverture des marchés parisiens ce matin, le titre du spécialiste de la grande distribution Carrefour s'écroulait de plus de 13%. Impressionnant à première vue, ce recul s'explique en fait par des raisons purement techniques. Ce mardi, le groupe verse en effet le dividende de 1,08 euro à ses actionnaires. Détaché du cours de Bourse, ce coupon est donc versé en numéraire aux investisseurs détenteurs de titres Carrefour.

Par ailleurs, ce 5 juillet est également le premier jour de cotation de Dia, sa filiale de hard discount. Le numéro trois mondial du secteur sera coté ce mardi à partir de midi à la Bourse de Madrid, a annoncé la direction de Dia, avec une capitalisation estimée à 2,4 milliards d'euros. Cette entrée sur les marchés financiers signifie une coupe sèche d'environ 3,50-4 euros dans les cours de Bourse de Carrefour. Mais là encore, les actionnaires ne sont pas perdants, puisqu'une action Dia leur est versée pour chaque action Carrefour déjà détenue.

En corrigeant la chute du titre de ces deux éléments techniques, Carrefour progresse même d'environ 4%.

Chute de 20% depuis le 1er janvier

Reste que les interrogations autour du titre sont encore nombreuses. Depuis le début de l'année, le cours a chuté d'environ 22%. Car depuis fin novembre 2010, le groupe a lancé deux avertissements sur résultats, consécutifs à desproblèmes comptables au Brésil puis des résultats inférieurs aux attentes en France (40% de son activité). Le Brésil qui décidément ne réussit pas à Carrefour, alors que le groupe est en pleine bataille avec son grand rival Casino pour prendre le contrôle du numéro un des supermarchés brésiliens, Pao des Açucar.

La réussite de l'opération lui permettrait de devenir largement leader sur ce marché stratégique. Ce serait une véritable aubaine, car Carrefour est relativement en retard dans les pays émergents, notamment en Asie. Mais Jean-Charles Naouri, le patron de Casino ne l'entend pas de cette oreille. D'où la déception des marchés financiers, auxquels le projet avait été présenté comme quasiment bouclé. «Il y a là un vrai couac de communication, souligne d'ailleurs un analyste parisien. Lars Olofsson, le dirigeant du groupe, garde le soutien des deux actionnaires de référence, Bernard Arnault et Colony Capital. Mais aux yeux du public comme en interne, il est très fragilisé. C'est donc bien qu'il y a un problème de management».

A moyen terme, le titre pourrait malgré tout retrouver des couleurs, au vu de sa valorisation actuelle. «Certains investisseurs pourraient profiter d'un côté spéculatif, souligne par ailleurs l'analyste, en misant sur la volonté des actionnaires de valoriser au mieux les actifs, en en cédant quelques uns par exemple». De ce point de vue, la scission de la foncière Carrefour Property, pour l'instant ajournée, pourrait illustrer cette stratégie de démantèlement du groupe, largement dénoncée par les salariés comme par certains petits porteurs.

 


 

Le cabinet Deminor interpelle Lars Olofsson

Deminor se pose des questions sur le rapprochement éventuel de la filiale brésilienne de Carrefour avec le distributeur brésilien GPA, dont Casino est l'actionnaire majoritaire. Cette fusion a été validée hier par le conseil d'administration de Carrefour. Le cabinet de défense des actionnaires minoritaires a transmis une lettre à Lars Olofsson, PDG de Carrefour, ainsi qu'aux membres indépendants du conseil d'administration et à l'Autorité des Marchés Financiers.

Deminor avait déjà alerté l'AMF jeudi dernier, estimant que le distributeur ne fait pas preuve d'une grande transparence dans cette opération. Le cabinet s'interroge aussi sur le sens du pacte d'actionnaires qui serait signé entre Blue Capital, holding de Colony Capital et de Bernard Arnault, et Gama, le fonds brésilien qui participerait à la fusion : « les actions étant librement cessibles à l'intérieur du pacte, Blue Capital pourra alors céder progressivement ses titres à Gama, transférant ainsi le contrôle de Carrefour à un autre actionnaire, sans que les actionnaires minoritaires de Carrefour disposent d'une offre de sortie », soutient-il.

Enfin, Deminor met en doute le poids des administrateurs indépendants, qui doivent apprécier l'intérêt d'une telle fusion pour l'ensemble des actionnaires de Carrefour. Si elle a lieu, elle pourrait signer l'entrée d'Abilio Diniz, président de GPA, au conseil d'administration du distributeur français.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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