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Après la mobilisation dans les hypers, les salariés des magasins Carrefour Market ont été appelés à la grève samedi. Si la direction assure qu'aucun établissement n'a fermé, la CGT en évoque deux.

Ce samedi, les salariés de 300 magasins - selon les syndicats - sur les 600 magasins Carrefour Market en France ont répondu à l'appel à la grève de la CGT. Ils veulent être logés à la même enseigne que leurs 65.000 collègues des hypermarchés Carrefour, à savoir bénéficier de tickets-restaurants. Ils réclament aussi des augmentations salariales de 5 à 10%. «5%, c'est vraiment le minimum. Vu les augmentations qu'il y a partout, nous, on ne peut plus vivre avec ça», a soutenu Laurent Lamaury,délégué syndical national CGT.

Pour la CGT, il a s'agi d'une «énorme mobilisation». Si la direction de Carrefour affirme qu'aucun établissement n'a fermé, la CGT, elle, en évoque deux : à Morangis (Essonne) et Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine). «Il n'y a pas de blocage et tous les clients sont bien évidemment reçus dans les magasins», a insisté le groupe. En se mobilisant ainsi, les salariés de Carrefour Market espèrent bousculer la direction de Carrefour, comme l'ont fait ceux des hypermarchés il y a un peu plus d'un mois.

Le 9 avril dernier en effet, le mouvement des salariés des hypers - «historique» selon les syndicats -avait permis la réouverture des négociations avec la direction. Les salariés ont alors obtenu une prime exceptionnelle de 220 euros bruts au 31 juillet, le passage de 7 à 10% de la remise sur achats (y compris l'essence) accordée au personnel et un engagement à renégocier, d'ici à la fin novembre, et une revalorisation de la prime de vacances pour aller vers un 14e mois. Le projet d'accord, qui sera entériné le 18 mai prochain, prévoit en outre une hausse des salaires annuelle de 2% en mars, soit corrélée à l'inflation, au lieu de l'augmentation prévue de 1% en mars puis 1% en octobre.

Au-delà des salaires, les conditions de travail sont au menu des discussions. Le syndicat FGTA-FO déplore la suppression de 10.000 emplois sur les cinq dernières années et dénonce un «nouveau modèle opérationnel reposant sur le travail de nuit généralisé, une ultra simplification des séquences de travail et une augmentation du stress des salariés».

Combattre le nouveau modèle économique du groupe

Le groupe Carrefour est en pleine phase de transformation stratégique, avec notamment ses projets de scissions et le développement de son nouveau modèle d'hypermarchés Planet. Des mutations qui provoquent des remous aussi bien au niveau de la direction - le directeur général France a quitté le groupe le 5 mai dernier, soit deux mois après le départ du directeur Europe - que des salariés.

Lors de la prochaine assemblée générale, qui se tiendra le 21 juin prochain, ces derniers s'opposeront au projet de scission par la cotation en Bourse de la filiale de hard-discount Dia et de celle de 25% de la foncière Carrefour Property. Mais leur voix est faible : les salariés détiennent environ 1% du capital et 1,76% des droits de vote. Les syndicats appellent le Fonds Commun de Placement d'Entreprise (FCPE), qui détient 1,33% des actions et le double en droits de vote, à dire non, et ainsi se rallier à la position du fonds Knight Vinke (plus de 1% du capital). Au total, ils seraient 4% contre les poids lourds Colony Capital et Bernard Arnault, qui disposent de 14% du capital et 20% des droits de vote. Selon les syndicats, ces opérations «purement financières et non commerciales» apporteraient six milliards d'euros aux deux actionnaires principaux, Bernard Arnault et Colony Capital.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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