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Les Echos

e mauvais premier trimestre en France a provoqué le départ de James McCann, le directeur exécutif France. La scission de la foncière du groupe, Carrefour Property, est repoussée, pas celle de Dia.

Nouveau remue-ménage chez Carrefour. Le groupe a annoncé simultanément, hier matin, l'éviction de James McCann, directeur général exécutif France, et le report du projet de cotation de 25% de la foncière Carrefour Property. Lars Olofsson, administrateur directeur général «prend la direction opérationnelle des activités dans l'attente de la nomination d'un nouveau directeur exécutif», a précisé le communiqué ajoutant que «Carrefour, à travers sa filiale Carrefour Property, mettra comme prévu en oeuvre son portefeuille de projets de 2 milliards d'euros». La foncière, «une fois les structurations nécessaires réalisées, sera gérée de manière autonome et (...) dotée d'une gouvernance dédiée, avec un conseil d'administration comprenant des membres indépendants, en vue de sa future cotation qui reste l'objectif du groupe Carrefour», est-il précisé. En clair, il ne s'agit pas d'un retrait du projet, mais d'un report.

Arrivé il y a moins d'un an, en juin 2010, James McCann, l'ancien dirigeant de Tesco Hongrie, aura payé les mauvais résultats des hypermarchés français. Pour le premier trimestre 2011, ceux-ci ont vu le nombre de tickets de caisse reculer de 2,5%, tandis que le montant moyen des achats s'est inscrit en retrait de 0,5%. Et, selon l'institut Nielsen, le premier distributeur français a perdu 0,5 point de part de marché sur la période. Le patron de Carrefour France paie aussi ses méthodes de management réputées rigides. Recruté pour sa maîtrise des process à l'anglo-saxonne, l'ancien patron de Tesco Hongrie semble, par sa rigidité, avoir provoqué la démotivation du management des magasins et freiné l'excution des réformes en cours. Pour certains, également, il n'aurait pas porté assez d'attention à la stratégie produit ainsi qu'à la politique commerciale, très délicate dans un marché français hautement concurrentiel.

Redresser l'enseigne en France

Visiblement, les actionnaires de référence du distributeur, Groupe Arnault et Colony Capital qui, à travers Blue Capital, détiennent 14% des actions, 20% des droits de vote et le pouvoir au sein du conseil, espéraient un sursaut de la fréquentation et des performances des hypermarchés en ce début d'année. Cela constitue, en effet, la condition du succès de l'introduction en Bourse de Carrefour Property, entérinée par le conseil il y a deux mois. Or, la foncière, qui détient pour l'essentiel les murs des hypermarchés, tire son attrait pour des investisseur potentiels de la capacité des magasins de jouer le rôle de locomotive. Du coup, Carrefour Property ne sera coté que quand les hypermarchés, qui génèrent 70% de ses revenus, seront redevenus attractifs.

La relance du groupe passe d'abord par le redressement de l'enseigne en France, dont les premiers signes, espère-t-on en interne, pourraient apparaître au cours du second semestre 2011. C'est donc désormais Lars Olofsson qui en aura la charge en direct. Les principaux chantiers engagés par James McCann n'en sont pas pour autant remis en question. La confirmation de la scission de 100% de Dia, la filiale hard discount devrait permettre au directeur général «de se concentrer pleinement sur l'accélération de la marque Carrefour», a souligné le groupe hier dans son communiqué.

Knight Vinke se félicite

De son côté, le fonds Knight Vinke, entré au capital de Carrefour à hauteur de 1,5%, s'est félicité hier du report de l'introduction en Bourse de Carrefour Property dans un communiqué. Il a également publié hier, fort opportunément, une lettre adressée le 11 avril au conseil d'administration du groupe. Dans ce courrier, le fonds américain, connu pour son activisme, affirme avoir «rencontré 45 des principaux actionnaires institutionnels et privés de Carrefour (représentant plus de 20% du capital social)», ajoutant que «la plupart d'entre eux nous a indiqué spontanément son intention de rejeter la résolution relative à la scission de 25% de Carrefour Property». Son objectif était clair, laisser planer le risque d'un éventuel rejet du projet lors de la prochaine assemblée générale du 21 juin. La manoeuvre est désormais sans objet. Dans l'entourage du groupe, on affirmait hier que cette initiative n'avait pas influé sur le cours des événements.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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