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FranceSoir.frPlusieurs centaines de magasins ont été touchés par la grève du 9 avrilDans le débat sur la répartition des profits, Carrefour fait figure de contre-exemple parfait. D’un côté, les salariés se mettent unanimement en grève pour obtenir une augmentation a minima, pendant que, de l’autre, les actionnaires se préparent à engranger un dividende exceptionnel de quelque 6 milliards d’euros grâce à l’introduction en Bourse de deux filiales du groupe.

Le 9 avril dernier, l’ensemble des salariés des hypermarchés Carrefour s’est mis en grève, à l’appel des syndicats FO, CFDT et CGT. En cause, les négociations salariales avec la direction, qui proposait une augmentation limitée, de 1 % en mars et de 1 % en octobre, assortie d’une remise de 10 % dans les magasins de l’enseigne. L’offre n’est pas satisfaisante aux yeux des salariés : pour une caissière payée à peine plus de 1.000 € par mois, cela représente une dizaine d’euros d’augmentation. Pas de quoi améliorer vraiment les conditions de vie, dans un contexte d’inflation proche des 2 %. L’offre révolte d’autant plus les salariés que Carrefour avait annoncé un mois plus tôt un résultat net hors événements exceptionnels de 1,3 milliard d’euros. « Depuis trois ans, nous avons perdu 10 % de pouvoir d’achat alors que les profits explosent et que nos dirigeants viennent de mettre en vente les magasins Dia avec à la clé 6 milliards qui vont aller dans la poche des actionnaires », analysait un délégué FO à la veille de la grève.

Les actionnaires, grands gagnants de la scission

Car, pendant que les salariés se battent pour des clopinettes, les actionnaires du groupe vont eux se partager une prime pour le moins exceptionnelle : 6 milliards d’euros ! Pour introduire en Bourse deux de ses filiales, l’enseigne de hard discount Dia et la société foncière Carrefour Property, le groupe Carrefour va distribuer tous les nouveaux titres à ses actionnaires actuels. Ce qui devrait augmenter considérablement la valeur du portefeuille de ces mêmes actionnaires, au premier rang desquels se trouvent le fonds Colony Capital et Bernard Arnaud.

L’ampleur du mouvement est à la hauteur du mécontentement. Plusieurs centaines de magasins ont été touchés par la grève du 9 avril, avec selon les syndicats des taux de grévistes qui approchent parfois les 80 %. C’est beaucoup pour une enseigne plutôt habituée aux négociations feutrées qu’aux manifestations d’envergure (la précédente grève remontait à plus de trois ans). En conséquence, la direction a revu ses propositions : de 1 % prévu initialement, l’augmentation proposée a été portée à 2 %, avec en plus une prime exceptionnelle de 200 € net pour tous les salariés. Un léger mieux, mais qui ne fait toujours pas avaler la pilule de la scission, que les syndicats entendent bien bloquer par tous les moyens possibles.

Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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