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 6 novembre fo 001

MANIFESTATION

DU SAMEDI 6 NOVEMBRE 2010

A PARTIR DE 14H00

DEVANT LA PREFECTURE D'ANNECY!!!

 

 Réforme des retraites
 

Le 27 octobre 2010, l’Assemblée nationale a adopté, dans les conditions prévues à l’article 45, alinéa 3, de la Constitution, le projet de loi portant sur la réforme des retraites.

>Téléchargez le projet de loi

> JEAN-CLAUDE MAILLY: «IL FAUT UN APPEL À 24 HEURES DE GRÈVE»

À la veille d’une nouvelle manifestation, êtes-vous optimiste ou pessimiste sur la mobilisation?
La manifestation du samedi, ce n’est pas notre tasse de thé. Vu le contexte, les perspectives de mobilisation ne sont pas fortes. J’espère avoir une bonne surprise, mais je ne suis pas optimiste.

Que va-t-il se passer ensuite?
Hier soir, à la réunion de l’intersyndicale, les dissensions étaient fortes. Si les salariés voyaient ça, ils comprendraient beaucoup de choses. Nous, on n’est pas dans l’intersyndicale mais dans l’unité d’action depuis le début. On a parlé d’entrée du retrait de la réforme. Ce projet n’a rien à voir avec les retraites. C’est un élément d’un plan d’austérité. Il y a un problème de financement des retraites. Nous disons : regardons les pistes de financement. Nous n’acceptons pas de revoir le texte ou de l’amender. Pour nous, il ne peut y avoir que son abandon

À votre avis, peut-on encore faire bouger le gouvernement?
Pour faire bouger ce gouvernement, il faut un rapport de force très puissant, pas que des manifestations, même s’il y avait beaucoup de monde. C’était inédit, à chaque fois des millions de personnes. Il y a eu des grèves reconductibles, des blocages. Ce sont les salariés qui en ont décidé et doivent décider. Ce gouvernement n’a pas bougé, sauf sur ce qui ne coûte pas cher. Dans cette situation, quelle est la responsabilité d’une structure confédérée? On l’a redit hier. Il faut un appel à 24 heures de grève. Cela n’a pas encore été le cas. Quand on appelle à la grève et que ça marche, on peut aller vers une généralisation du mouvement. Autour du 12 octobre c’était le bon moment. Pour nous, la stratégie n’est pas la bonne.

Pourquoi les responsables des autres syndicats pensent-ils autrement?
Il y a eu un refus des sept autres organisations sur cet appel à la grève. Elles ont décidé de faire quelque chose entre le 22 et le 26 novembre. Mais quoi? Une autre manif? Veut-on user les salariés? Pour la CFDT, c’est fini. Nous, on se positionnera à partir de lundi. Dans le même temps, nous n’oublierons pas le dossier des retraites, nous ne sommes pas pressés de passer à un sujet différent, alors qu’on sent que la CGT et la CFDT glissent sur autre chose. L’unité d’action c’est un combat, il y a des divergences.

Pourquoi les deux plus gros syndicats ne veulent-ils pas de la grève?
Je me demande si, in fine, ils ne sont pas étonnés de la mobilisation. Il y a au-dessous de tout ça, la représentativité syndicale. Cela pollue les relations entre les syndicats. L’intersyndicale va continuer sur autre chose, les salaires ou l’emploi des jeunes. On n’y sera pas.

Dans un pays au faible taux de syndicalisation, ce mouvement vous a-t-il apporté de nouveaux adhérents?
Même si officiellement, le taux de syndicalisation est faible, est-ce que la situation des salariés français est moins bonne que dans d’autres pays? C’est ce qu’il faut regarder. La proportion des salariés couverts par une convention collective est de 90 % ici. Que l’on soit salarié d’une PME, d’une grande entreprise ou chômeur, les droits sont les mêmes. Ce n’est pas le cas ailleurs. Sur les adhésions, on en a fait à l’occasion de ce conflit. On saura dans quelle proportion en fin d’année. Le climat social fait que les salariés se syndicalisent, surtout dans le privé. Il y a une réelle peur depuis un an et demi. Quant aux jeunes, s’il y a une hésitation au départ à venir nous rejoindre, une fois qu’ils ont pris la décision, ils sont volontaires, motivés. Outre ce rajeunissement des troupes, on remarque aussi une féminisation des militants. Je m’en félicite.

> FO ENTEND PRÉSERVER «L’ESPRIT DE RÉSISTANCE ET DE COMBAT»

Le rejet de la réforme devrait de nouveau s’exprimer en masse dans la rue samedi à l’occasion de la prochaine journée nationale de mobilisation.
Le vote d'une loi ne signifie pas nécessairement son acceptation dans une démocratie. Il n’y a aujourd’hui pas de raison que la loi sur les retraites soit plus acceptable qu’hier, a fortiori au regard du rejet qu’elle suscite toujours dans la population. En tous cas, pour FO, il est légitime de poursuivre le combat pour exiger l’abandon d’un texte dont le caractère «socialement injuste et économiquement inefficace» n’est plus à démontrer. Ce rejet devrait de nouveau s’exprimer en masse dans la rue samedi à l’occasion de la prochaine journée nationale de mobilisation.

D’ici là, les organisations d’étudiants (UNEF) et de lycéens (UNL, FIDL) ont décidé de maintenir la pression. L’UNEF organise depuis mardi des assemblées générales dans les universités. Le syndicat étudiant a déclaré notamment que 24 assemblées générales (AG) s'étaient tenues mercredi, que 23 autres sont prévues ce jeudi ainsi que de nombreux rassemblements dans tout le pays. L’objectif est de poursuivre la mobilisation qui s’est traduite hier par le blocage partiel ou total de plus d’une dizaine d’universités. Du côté des lycéens qui reprennent le chemin de leurs établissements scolaires aujourd’hui, la FIDL et l’UNL ont décidé eux aussi d’organiser des AG un peu partout pour relancer les actions dans les lycées. Pour toutes ces organisations, il s’agit de faire descendre le maximum d’étudiants et de lycéens dans la rue lors des manifestations du 6 novembre.

Chez les salariés, «un esprit de résistance et de combat s'est installé», se félicite la FO, qui «entend continuer à tout faire (...) pour le préserver», indique la confédération dans une déclaration publiée mercredi soir à l’issue d’une réunion de sa Commission exécutive. Elle fait observer ainsi qu’«à sept reprises, plusieurs millions de salariés sont descendus dans la rue» et «dans de nombreux secteurs, entreprises et administrations, des travailleurs ont fait grève, y compris de manière reconductible, et organisé des actions». A cet égard, elle rappelle avoir «à plusieurs reprises, (...) proposé un appel national commun des confédérations syndicales à 24h de grève interprofessionnelle (…), initiative de nature à renforcer le mouvement pour obtenir l'abandon du texte gouvernemental» mais cela «a été refusé par d’autres organisations syndicales». Et d’ajouter : «c'est ce que FO réaffirmera le 6 novembre tout en affirmant que des manifestations à répétition sans grève ne peuvent pas être efficaces». Les huit centrales syndicales doivent se retrouver aujourd’hui sur ce dossier qui «n'est pas clos», a prévenu FO.
ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU JEUDI 4 NOVEMBRE 2010

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly

> UN ESPRIT DE RÉSISTANCE

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Le vote du texte sur les retraites par le Parlement et la période de vacances scolaires n’ont pas «découragé» les manifestants qui étaient près de deux millions à battre le pavé le 28 octobre, même si c’était moins que les journées précédentes. C’est révélateur d’une chose: le projet de loi sur les retraites ne passe pas, il reste en travers de la gorge des salariés de toutes générations qui n’ont pas envie de travailler plus et qui paient plein pot les dégâts de la crise du système capitaliste. Le dossier retraites est de ce point de vue significatif de l’explosion des injustices et inégalités sociales. De nouvelles manifestations sont programmées pour le 6 novembre, après la rentrée scolaire et avant la promulgation de la loi qui devrait intervenir vers la mi-novembre après l’avis du conseil constitutionnel. Ces dernières semaines dans différents secteurs, administrations ou entreprises, de nombreuses actions ont eu lieu allant de la décision de reconduire la grève à des débrayages réguliers en passant par des blocages routiers divers. Dans de nombreux endroits, des salariés se demandaient s’ils n’auraient pas été plus utile de faire grève plusieurs jours d’affilée plutôt que de manière séquencée. D’autres, et parfois les mêmes, attendaient un appel clair et commun des confédérations à cesser le travail.

On retient de ce conflit jusqu’aujourd’hui l’inflexibilité des pouvoirs publics. Sept manifestations de suite, inédites par leur nombre et leur ampleur, n’auront pas entamé leur blocage, au mépris du dialogue social et des engagements qui avaient été pris. Rappelons qu’en 2008 le président de la République avait dit qu’il n’avait pas de mandat pour remettre en cause la retraite à 60 ans. Rappelons aussi qu’il s’était engagé sur «travailler plus pour gagner plus» et que le projet se traduit par travailler plus et gagner moins.

On retiendra également le refus jusqu’à ce jour du duo CFDT/CGT d’appeler clairement et unitairement à 24 heures de grève franche et interprofessionnelle de nature à unifier et renforcer le mouvement, notamment vis-à-vis de toutes celles et ceux qui se sont engagés dans plusieurs jours de grève. Il est vrai que les mêmes ont toujours refusé d’appeler au retrait ou à l’abandon du texte, se contentant de demander sa réécriture. Dès le départ nous avions compris que ce texte était un marqueur politique et financier important pour les pouvoirs publics, et que dès lors seul un rapport de force puissant pourrait en venir à bout. Tant du côté du gouvernement que de la CFDT ils sont maintenant pressés de passer à autre chose. D’où le coup de communication entre le Secrétaire général de la CFDT et la présidente du MEDEF sur l’emploi des jeunes et des seniors, ou plutôt le coup de bluff.

Cela fait des semaines que nous avons saisi nos interlocuteurs de cette question, pas nouvelle, et que nous avions eu une réponse positive de principe. Mais il n’est pas question pour FO d’oublier les retraites.

De même, pas question pour nous d’accepter le passage du système actuel à un système individuel par points ou comptes notionnels qui ferait baisser les retraites et provoquerait le développement de la capitalisation. Depuis le début nous avons défendu et porté la même ligne de conduite et nous n’en changerons pas car nous ne sommes pas des girouettes. Quelle que soit l’issue du dossier, ce que nous savons c’est qu’un esprit de résistance s’est installé dans le pays et que nous l’appuyons. Nous savons aussi que le dialogue social avec les pouvoirs publics a du plomb dans l’aile. Comment pourrait-il en être autrement? Enfin, nous savons que face au couple CFDT/CGT lie à la représentativité, nous pouvons être fiers que Force Ouvrière, clairement, défende les couleurs et la pratique de l’indépendance syndicale. C’est ce que nous ferons le 6 novembre.

 
Tag(s) : #REVUE DE PRESSE

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